Glossaire Numismatique
simplifié

A

Alliage
Combinaison d'un métal avec un ou plusieurs autres éléments (métalliques ou non) entrant dans la composition des monnaies (cuivre, nickel, cupronickel, or, argent, électrum, laiton) .

Aloi
Titre (voir Titre).

Anépigraphe
face d'une monnaie sans légende.

Antiques
Monnaies antérieures à la chute de l'Empire romain (monnaies anciennes grecques, romaines, byzantines, gauloises...).

Artefact
(effet de l'art) concerne un phénomène accidentel à la fabrication, donc une pièce fautée : double frappe, décentrage...

Assignat
Billets émis durant la Révolution, dans les années 1790-1796. Ils étaient garantis par la vente des biens de l'Église qui avaient été confisqués.

Atelier
Lieu de fabrication de la monnaie. La marque d'atelier, symbole ou lettre figurant sur les pièces, désigne l'atelier où elles ont été fabriquées.

Avers
Coté d'une monnaie portant l'effigie ou le motif principal (monogramme, armoiries...). À défaut de portrait, l'avers est le côté sur lequel apparait le nom de l'émetteur (par exemple, le nom du roi). On l'appelle aussi « droit » ou « Face ».

Axe
Orientation de la gravure du motif de l'avers par rapport à celui du revers. La pièce est en frappe "médaille" (comme les Euros) si l'axe est identique des deux côtés et en frappe "monnaie" (comme les Francs) s'il est inversé lorsque l'on tourne la pièce comme les pages d'un livre. Pour des jetons, on parle de "retour" horizontal ou vertical.



B

B (Beau)
caractérise un état de conservation de la pièce. Voir "état".

BE (Belle Épreuve)
série de qualité ; ces pièces ont la particularité d'avoir un relief mat sur un fond miroir (c'est ce qui fait la différence avec une frappe normale). Ces séries sont réalisées avec des coins spéciaux et neufs sur des flans polis. L'émission de cette série a débuté en 1991.

Billetophilie
Étude du papier-monnaie et des billets de banque.

Bimétallique
Pièce composée de deux métaux différents non mélangés. (on distingue donc un insert et une couronne).

Bruni
Résultat du polissage de la surface des flans pour les rendre brillants en effaçant les minuscules aspérités de surface avec un brunissoir ou par des procédés mécaniques.

BU (Brillant Universel)
série de qualité, où le relief et le fond sont tous deux brillants. L'émission de cette série a débuté en 1986. De 1991 à 1993 ces monnaies, en France, ont été fabriquées en frappe médaille (l'avers et le revers sont frappés dans le même sens) ce qui avait pour but de différencier ces fabrications des pièces courantes FDC. En 1993, cette frappe médaille a été supprimée pour revenir à la frappe normale.


C

Cannelures
Rainures parallèles creusées dans la tranche de nombreux types de monnaies frappées à partir du XVIe siècle. Elles étaient destinées à montrer que la pièce n'avait pas été rognée en vue de récupérer une partie du métal précieux. Dans le même objectif, les tranches furent parfois coordonnées ou marquées de légendes.

Champs
Partie de la monnaie laissée plate sur laquelle aucun motif n'a été gravé .

Coin
Matrice, bloc de métal qui reçoit la gravure en creux d'une de faces de la pièce à frapper.

Commémorative
on appelle ainsi toutes les monnaies dont la frappe est inspirée par un évènement précis. Les commémoratives peuvent être :

    Circulantes : frappées dans le métal usuel pour la valeur faciale et dans une quantité suffisante pour permettre la circulation dans le public (par exemple la 1 franc "De Gaulle" de 1988 en nickel)

    Non circulantes : fabriquées strictement pour les collectionneurs, et souvent dans des métaux précieux tels que l'argent ou l'or, et donc vendues plus chères que leur valeur faciale. ( Par exemple la 1 franc "De Gaulle" de 1988 en argent.)

Contremarque
Marque frappée postérieurement à la fabrication initiale (lettre, nom, inscription, valeur) soit pour en modifier la valeur, soit pour lui donner cours dans un pays autre que celui où elle a été émise, soit pour faire passer un message non officiel.

Couronne
partie externe (cercle autour de l'insert) d'une pièce bimétallique.

Cours légal
régime monétaire dans lequel, sur un territoire donné, les signes monétaires, émis conformément à la loi, doivent être acceptés en paiement, pour leur valeur nominale.

Cours libératoire
Une Monnaie à cours libératoire n'a plus cours légal, mais peut encore être échangée à sa faciale contre des espèces nouvelles.


D

Démonétisée
se dit d'une monnaie dont tout pouvoir légal de paiement a été retiré par décret.

Dénéral / Dénéraux
sont des poids, souvent ronds, parfois carrés ou hexagonaux, ils servaient à l'origine à vérifier le poids des pièces en cours de fabrication.

Du graveur
général Signature du graveur général qui est responsable de l'atelier de frappe (aile d'oiseau pour Lucien Bazor, chouette pour Raymond Joly, dauphin pour Émile Rousseau...).

De l'atelier
Lieu de fabrication de la monnaie, identifié par une lettre ou un symbole (éclair pour Poissy, "B" pour Beaumont-le-Roger, "B" en creux dans un disque en relief pour Bruxelles...).

Différent
Marque d'atelier ou de graveur ou du graveur général, sous forme d'un symbole ou d'une lettre.

Difformée
Pièce ayant été déformée mécaniquement (entre des mâchoires métalliques) de façon à rendre les pièces ainsi destinées à la refont impropre à la circulation. Les pièces difformées ont été mises au rebut suite à un défaut de frappe, et toutes monnaies non conformes ayant été repérées finiront difformées.


E

Électrum
Alliage naturel d'or et d'argent, utilisé dans l'Antiquité.

Essai
tous les ateliers réalisant des frappes procèdent à des "essais" de fabrication qui consiste à vérifier les réglages des machines afin de fabriquer des monnaies ou des médailles sans défauts, ou alors à aider à choisir les matériaux des flans. Mais dans la majorité des cas ces essais sont renvoyés à la fonderie et ne présentent pas d'intérêt numismatique (aux yeux des ateliers de frappe) du fait qu'ils sont jugés imparfaits ou non définitifs. Cependant les collectionneurs les recherchent activement, car ils sont très rares.
Par contre les ESSAIS "de type" ne débouchant pas sur une fabrication de monnaies courantes (par exemple lors de concours monétaires) sont recherchés par les collectionneurs, car ils sont émis à un nombre restreint d'exemplaires. En général ces essais sont (contre)marqués "ESSAI" soit en creux soit en relief.

État
caractérise un état de conservation de la pièce. Peut-être :

    B (Beau) : État de conservation d'une pièce usée qui est déconseillée aux collectionneurs. Elle porte de nombreuses marques d'usure. Sous cette rubrique peuvent également apparaitre des monnaies de meilleure conservation, mais qui présente un vice, un défaut criant tels une trace de griffe profonde, un coup important sur la tranche ou la suppression complète de l'inscription de la tranche due au retrait d'une monture.

    TB (Très Beau) : État de conservation d'une pièce correcte, mais qui présente cependant des nombreuses marques de sa circulation monétaire. Les types de l'avers et du revers sont visibles, mais toutefois très atténués. Cet état de conservation ne satisfait pas tous les collectionneurs ... Toutefois, pour les monnaies de bronze, il reste souvent acceptable, du moins pour la période de la Révolution et de l'Empire, car il est en ce domaine, difficile de trouver mieux.

    TTB (Très Très Beau) : État de conservation d'une pièce qui a circulé, mais dont les défauts sont bénins. Les types de l'avers et le revers sont nettement marqués et les légendes bien lisibles. Les défauts de la monnaie ne sont pas accentués et celle-ci reste apte à satisfaire la plupart des collectionneurs. La tranche n'est plus coupante comme les monnaies dites superbes.

    SUP (Supérieur) : État de conservation recherché par les collectionneurs, la pièce est pratiquement à l'état neuf, des petites traces de circulation sont visibles, mais n'altèrent pas les reliefs, aucun choc ni rayure importants ne sont visibles. La pièce peut avoir une patine. C'est l'état maximum de conservation pour une pièce ayant circulé et n'ayant pas fait l'objet d'un traitement particulier comme FDC ou BU

    SPL (Splendide) : Quasi FDC, mais le FDC étant tellement difficile à trouver, que même les pièces sortantes des rouleaux ne le sont pas, car elles se sont entrechoquées après la frappe... des pièces neuves, mais ayant d'infimes traces de contact avec d'autres pièces sont classées en SPL.

    FDC (Fleur de coin) : se dit de l'état de conservation d'une pièce qui ne présente aucune trace d'usure due à la circulation. Ce terme ne peut donc s'appliquer qu'à des monnaies parfaites, aucune rayure dans le champ et aucune trace de choc sur la tranche. Sauf pour les pièces frappées récemment, un tel état de conservation est exceptionnel des la plupart des monnaies FDC frappées avant 1900 sont rares.

Exergue
Espace situé en bas d'une pièce où se trouve parfois le millésime ; espace vierge à l'avers, sous la représentation graphique.


F

Face
côté d'une monnaie portant l'effigie ou le motif principal (monogramme, armoiries...). À défaut de portrait, l'avers est le côté sur lequel apparait le nom de l'émetteur (par exemple, le nom du roi). On l'appelle aussi "avers" ou "droit". Son inverse est pile.

Faciale
Valeur légale de la monnaie au moment où elle a cours

Fautée
se dit d'une monnaie n'ayant pas les caractéristiques conformes à ce qui était prévu, une défaillance dans la frappe : double frappe, frappe décalée, frappe avec un coin cassé ...

Faux
on distingue :
    - Faux pour servir : Ces fausses pièces d'époque se collectionnent.
    - Faux pour tromper (les collectionneurs) : Ces pièces n'ont aucune valeur, réalisées par des magouilleurs pour tromper les collectionneurs

FDC (Fleur De Coin)
caractérise un état de conservation de la pièce. Voir "état".
Pour les coffrets FDC : Série "Fleur De Coin". Série de toutes les pièces de l'année, emballée dans une pochette ou une boite protectrice. Ces monnaies sont fabriquées à cadence réduite avec des coins neufs et sont donc censées être de qualité parfaite. Démarrée en 1964 cette série a pris fin en 1990 pour la France.

Féodale
Pièce de monnaie de l'époque éponyme.

Flan
Morceau de métal préparé pour être frappé à l'aide de coins monétaires.

Fourrée
Pièce constituée d'un métal ordinaire, à faible valeur, et plaquée ou entourée d'une fine couche d'argent ou d'or. Technique utilisée par des faussaires, il a parfois servi à des gouvernements (romains), pour économiser les métaux précieux.

Frappe
Action de frapper un flan entre deux coins. La frappe s'est d'abord faite au marteau, puis au balancier à partir du XVIe siècle et par presse hydraulique au XIXe siècle. La frappe se fait toujours à froid.

Frappe Médaille
Orientation particulière de la pièce, pour que, selon l'axe vertical l'avers et le revers soient orientés dans le même sens. Les monnaies françaises ont adopté la Frappe Médaille depuis l'avènement de l'Euro.


G

Graveur
le graveur taille directement dans l'acier les motifs de gravure d'une monnaie ou d'une médaille. Il peut travailler soit en creux, soit en relief. Il utilise des outils spécifiques qu'il adapte à sa propre main : burin, échoppe, ciselets... Le graveur peut également travailler une maquette modelée qui servira de modèle.

Grènetis
points constituant un cercle auprès du listel.


I

Incuse
Monnaie ayant la même gravure sur l'avers et le revers, mais un côté en relief et l'autre en creux.

Insculpée
tranche gravée en creux et non en relief.

Insert
partie interne (cœur au centre de la couronne) d'une pièce bimétallique.


L

Légende
Lettres ou mots figurant sur une monnaie.

Listel
Rebord en relief sur tout le contour de la pièce, servant à protéger la monnaie contre l'usure par frottement.


M

Médaille
objet métallique, frappé ou coulé, sans valeur monétaire, souvent destiné à commémorer, récompenser, consacrer...

Millésime
Date de fabrication de la monnaie.

Modernes
monnaies postérieures à la Révolution française.

Module
Diamètre d'une monnaie.

Monométallique
pièce constituée d'un seul métal/alliage, et en une seule partie. On le précise uniquement si la pièce en question est censée être bimétallique (pour les fautées ou les essais), mais ne l'est pas !


N

Napoléon
surnom des pièces de 20 Francs-or.

Nécessité
Les monnaies de nécessité : Ces monnaies ont été émises par des organismes particuliers (avec autorisation officielle) pour compenser le manque des monnaies légales lorsque celles-ci circulaient en quantité insuffisante (notamment lors de la Révolution Française et à l'issue de la 1re guerre mondiale).


O

Obsidionales (monnaies)
Pièces de monnaie émises pendant un siège ou au cours d'opérations militaires pour pallier le manque de numéraire. Il s'agit d'une catégorie particulière de monnaie de nécessité.


P

Patine
Coloration d'une médaille, d'une monnaie ou d'un bronze d'art. La patine naturelle est due à la corrosion du métal et se produit sur longue durée. Les patines à la main obtenues par oxydation permettent d'atténuer la brillance, de souligner les reliefs, d'accrocher la lumière et de valoriser les volumes d'une pièce, d'une médaille ou d'une d'un bronze.

Piéfort ou pied-fort ou piedfort
Un piéfort est une pièce surprenante par son épaisseur et son poids bien plus élevé que les pièces courantes... environ le double ! Selon la tradition, il s'agissait de monnaies frappées au double de leur poids, offertes par le roi à des visiteurs qu'il souhaitait honorer. À l'époque du Franc, ces pièces étaient frappées en nombre limité. Aujourd'hui avec l'Euro cette tradition s'est perdue !

Pile
Côté opposé à l'avers, et portant généralement la valeur faciale (voir "revers").

Poinçon
Terme parfois appliqué au coin monétaire, mais généralement réservé aux poinçons employés pour enfoncer dans un coin des éléments de lettres, des lettres entières, des détails du dessin (ornements, marques d'atelier, couronne ou titre du souverain, etc.).


R

Réformation
Action de donner à une espèce une autre empreinte (utilisée par Louis XIV et Louis XV). Pour cause d'économie, l'on surfrappait au nouveau type les anciennes pièces (frappe sur flan réformé) .

Refrappe
Pièce frappée, surtout à l'époque moderne ou contemporaine, avec les coins d'une époque antérieure

Revers
Côté opposé a l'avers, et portant généralement la valeur faciale. (Voir "pile").

Rognage
opération frauduleuse, qui consiste à récupérer une très petite partie du métal précieux d'une pièce (souvent de l'or).


S

Signature du graveur
en entier, initiales, monogramme, symbole, abrégé. N'apparait qu'aux alentours du XVIIe siècle, sur les monnaies.

SPL
caractérise un état de conservation de la pièce. Voir "état".

SUP
caractérise un état de conservation de la pièce. Voir "état".


T

TB
caractérise un état de conservation de la pièce. Voir "état".

Tirage
Nombre d'exemplaires d'une pièce ayant été frappée

Titre ou Aloi
proportion de métal précieux dans la composition de la pièce. Exprimé en milligrammes ou en carats.

Tranche
épaisseur de la pièce : surface périphérique de la pièce pouvant être lisse, cannelée, comporter des signes ou inscriptions en creux ou en relief

TTB
caractérise un état de conservation de la pièce. Voir "état"

Type
Motif caractéristique d'une monnaie.


U

Uniface
Monnaie ne possédant un motif, un portrait ou une inscription que sur une seule face.

Union Latine
accord entre France, Belgique, Suisse et Italie, conclu en 1865, pour uniformiser les monnaies d'or et d'argent (taille, poids, forme et valeur), afin de favoriser l'intercirculation entre ces pays. L'Union Latine a été étendue ensuite à plus d'une vingtaine d'autres pays.


V

Velours de frappe
microdéfauts d'une monnaie, dus à l'usure du coin monétaire. Peut donner un aspect satiné à une pièce neuve.

Villes (Euro des...)
Les Euros des villes sont des monnayages temporaires, leur validité comme moyen de paiement est limitée en espace (à la ville ou commune d'émission) et en temps (au maximum un mois, les dates de validité figurent sur la monnaie). Ces euros des villes ont circulé avant le passage officiel à l'Euro.

Virole
Dispositif inventé au XVIe siècle pour marquer la tranche des monnaies.